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 you can't escape from your shadows ◊ payne

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the light in the eye grown dim

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MessageSujet: you can't escape from your shadows ◊ payne   Mar 21 Fév - 13:56



Et sans toi, je ne sais plus qui je suis.
« Personne ne peut ressusciter les morts ni compléter leur destin. » posadas

Etendue sur le sol, les yeux fixant le plafond, j'inspire lentement. Je me concentre sur les battements de mon coeur contre mes côtes, c'est doux, c'est flou. Brusquement, mes yeux s'emplissent de larme. Déjà quatre heures que je gis lamentablement sur le parquet de mon salon, mes membres s'endorment doucement, mon esprit tourne en rond, mon coeur le réclame immanquablement. Je rêve de saisir mon téléphone posé à quelques mètres à peine, de composer le numéro que j'ai fait tant de fois et d'avoir enfin le courage d'attendre la première sonnerie, d'attendre que sa voix légèrement rauque décroche. Je replonge dans mes songes. Je pense à sa voix, sa voix qui me manque tant, ces je t'aime jamais tout à faire claire, sa pudeur amoureuse, sa tendresse possessive. Il me manque. Chaque jour un peu plus, je m'éloigne de lui, je m'éloigne de moi. Je m'efface, je disparais. Mon corps s'amincis, ma peau se blanchi, mes sourires deviennent souvenirs. Une grimace crispe mon visage lorsque je réalise que je pense à lui, encore à lui, toujours à lui. Mes membres se raidissent involontairement tandis que les mots et les images se mélangent dans mon esprit. « L'amour fait mal, mon ange », m'a dit ma mère en effleurant ma joue de sa main. Je me souviens encore que cette après-midi-là, ma première pensée a été que c'était la première fois qu'elle me caressait aussi tendrement. Et puis, tout a cessé d'avoir de l'importance. Son sourire hypocrite, son manque d'affection, le peu de souvenir heureux que je conserve. Il n'y avait plus que cette photo entre mes doigts, ce cliché brulant qui ravageait mon existence. Me relevant brusquement, je laissais un zeste de colère prendre part de mon corps. Elle réchauffait mes veines, faisait taire l'animal pleurnichard qui geignait en moi. Avant lui, je ne croyais en rien. Après lui, je n'étais plus rien. Enfoiré. Serrant les mâchoires, je passais mes deux mains dans mes cheveux bruns, les agrippant douloureusement. Connard.

Mon bipper sonna, brisant le silence qui s'éternisait. Je poussais un profond soupire en repoussant ma dépression latente, le message était clair, le but toujours le même. Sauver le plus de gens possibles, faire taire leurs douleurs pour apaiser les miennes. Longtemps, je m'étais cru généreuse, une âme altruiste et puis j'avais fini par comprendre que tout n'était qu'une question d'égo. Je les sauvais pour moi, je me battais pour eux. Mieux valait affronter leurs problèmes que les miens, suturer une plaie, boucher une hémorragie ... Un sourire au bord indistinct pris naissance sur mon visage, un accident était signalé à la périphérie de la ville. Le centre-ville était encombré de manifestant, venue célébrer leur vie épanouie, travestir leurs visages sous une couche de maquillage colorée. La bouche sèche, l'esprit encore plein de lui, de son manque ; je tentais de reprendre le contrôle de moi-même. Inspirer. Expirer. Tourner à droit, abandonner mon véhicule. Suivre le vieil homme au visage ravagé par l'inquiétude, sentir l'angoisse dans l'air. Mon cerveau peinait suivre les paroles du vieil homme, tandis qu'un flot de question sans réponse s'entrechoquait dans ma tête : peut-être devrais-je changer de ville ? Quitter ce même oxygène que je respirais depuis vingt-quatre ans, fuir mes parents, fuir mes souvenirs ? Et puis soudainement, je le vis et tout cessa. Son corps juvénile était tordu sur le macadam, le sang souillait l'asphalte. Mon coeur s'emballa tandis que je me figeai un bref instant, mon regard se promena sur cet enfant à terre, si proche de la mort ... Une larme solitaire glissait de sa joue veloutée, ses yeux d'un bleu électrique rencontrent les miens tandis qu'un hurlement se fit entendre. Une jeune fille, à peine adulte, m'appelait, désespérément. Ses innocentes mains étaient teintées de pourpre, ses yeux bordés de noir étaient noyés sous l'émotion et les perles salés dégoulinaient allégrement sur son visage tandis qu'elle maintenant une pression constante contre l'abdomen du petit garçon. Prenant la place de la jeune fille, j'appuyais fermement sur la plaie ouverte, sans jamais quitter les yeux de l'enfant. « Je m'appelle Tenessee et toi ? », commençais-je d'une voix enrouée par l'émotion, observant attentivement ses pupilles de moins en moins réactives. Ses lèvres cyanosées bougèrent lentement, ne parvenant pas à produire le moindre son. La panique enfla en moi. Mes mains étaient couvertes de son sang, mes yeux étaient incapables de se détacher des siens, mon coeur battait à grand coup dans ma poitrine, mon ventre se tordait douloureusement tandis que ma conscience médicale me soufflais qu'il s'enfonçait. J'allais le perdre, réalisais-je tandis que le son d'une ambulance arrivant au loin se faisant entendre.


c'est un carnage mais je ne savais absolument pas comment commencer :/ pardonne moi, ma côtelette d’agneaux (a)

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Dernière édition par Tenessee McCormick le Jeu 23 Fév - 13:23, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Mar 21 Fév - 16:46



Une tasse de café à la main, une dizaine de mégots morts à mes pieds. Une sèche entre les lèvres, goudron, soufre et plomb dans les poumons. Je croquai la vie à pleine dents, du moins, c'est ce que montrait la toile de fond. Parce que ce qui se déroulait vraiment en dedans, personne ne pouvait savoir. Ni le sourire en coin arboré à la moindre circonstance ni même les politesses échangées entre collègues n'arrivaient à endiguer l'hémorragie. Quelque part, quelque chose saignait. Quelque part, quelque chose avait du mal à s'apaiser. Mes yeux coulaient au rythme ralenti sur les passants, attendant patiemment qu'un visage les attire, pas un, pas même un demi, rien ne semblait avoir de l'interêt. Même le chant des oiseaux qui conférait à cette place une atmosphère onirique, pas même le soleil dont les rayons carressaient ma peau ne semblait eveiller ma sympathie, tout autour de moi m'filer une désagréable envie d'gerber, tout y compris le reflet de ma propre silhouette sur les vitres de ce maudit café , à la terrasse duquel j'étais assis. Franchement, honnêteté tirée et tranchante, bonne arme d'appoint : c'était pour la voir elle, que je m'étais déplacé jusqu'ici. Pathétique, pitoyable, minable le McCullough. Masochiste adepte de la souffrance physique, mentale et métaphysique. Disloqué le petit être, affaibli par un sentiment pour lui nouveau. J'étais las et fatigué. Las, dépité. Encore un peu, un peu d'café. J'hélais alors la serveuse amicale, la serveuse si enjouée, la serveuse enjoleuse, la serveuse qui pensait qu'un lien pouvait se créer. Pauvre d'elle, pauvre de moi, pauvre de nous. Elle : de penser qu'un homme comme moi pourrait la satisfaire, moi : d'aimer à en crever la bouche ouverte une pétasse mue par l'ambition. Je n'avais rien et alors ? A quoi bon tout avoir si on a tout tout seul ? Si seulement cet adage était réel, si seulement ,dans ma conjucture, il était vrai. Cendrillon avait trouvé un prince bien plus charmant que l'écuyer. Je devais donc m'en contenter. Vive la vie, viens faucheuse, vive la mort.

Mordant ma lèvres inférieure je passais négligement une main dans mes cheveux, avec négligence je m'étais habillé, mon look, mon style tout chez moi semblait négligé. Barbe laissée pousser. Avais-je autant l'air paumé ? Un regard à ma montre me conforta dans l'idée que je m'étais fait : en retard, encore, enième fois depuis le drame. Le drame, une catastrophe, chez moi c'était les termes employés pour l'mot : rupture. J'avais survécu au motif bidon, pourri et complétement dépassé invoqué par celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Qui ? Tu sais qui, point. Je pensais que le but donné à ma vie s'était envolé comme une colombe de la paix, manque de bol, la putain de colombe s'était faite mitrailler. Quel était le con qui lui avait tiré dessus ? La conne, précisement. Quelques pas me menèrent bien trop vite à mon goût au parking, mes camarades s'affairaient dans l'urgence, me sommant d'en faire de même et même si l'envie n'était pas présente, vous devinerez aisement ce que j'ai fait. Je suis monté, uniforme sur le dos et nous avons roulé sur les lieux de l'accident. Capharnaum gigantesque ponctué par les cris stridents d'enfants terrorisés, peut être trop choqués de voir autant de sang. Je fus -quant à moi- aussi terrorisé lorsque je la vis, les mains compressant la poitrine sanguinolante d'un enfant couché à terre. Attendrit, révolté. J'attrapais alors le défibrillateur qui ornait une étagère à l'intérieure de l'ambulance. Malgré les sentiments contradictoires qui me martyrisaient, je vins à ses côtés : non pas parce que la situation l'exigeait mais parce que toutes les particules d'ce pauvre corps le réclamaient. Tant pis, je brisais le cercle infranchissable. Je brisais le verre de sa cloche. Ô ma rose, tu es pleine d'épines, pleines de vices. Ô comme j'aimerai te couper. T'effacer , t'exterminer de mon existence comme incombe à tout bon chasseur de vermine. « Eloigne-toi, Ten'. Je lance le jus » posant sans ménagement les plaques sur le torse de l'enfant, nous le vîmes se soulever sous les chocs éléctriques. Bordel, je ne pouvais laisser mourir un être si innocent. Il n'avait encore rien vu de la vie, encore rien vécu probablement pas encore rencontré la chienne qui allait lui briser le coeur. Alors qu'elle s'acharnait bloquant toutes mes tentatives, ma main vint brutalement fondre sur son poignet : ça aussi, c'fut comme une décharge électrique, paralysant mes membres et mes pensées : « Arrête, Tenessee, Arrête, ça n'va pas le sauver. »
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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Jeu 23 Fév - 14:26



Et sans toi, je ne sais plus qui je suis.
« Personne ne peut ressusciter les morts ni compléter leur destin. » posadas

J'étouffais, lentement. Sous mes doigts, le fluide vitale tachait mon âme de manière indélébile, s'échappait de son corps en perdition. Les battements de son palpitant devenait plus doux, plus tendre ... il me quittait. Une émotion sans commune mesure emplit mon être, avec la rage au coeur, la rage de son sang, je frappais contre sa poitrine menue, tentant de faire repartir son petit coeur. Il ne pouvait pas mourir. Pas dans mes bras. Un frisson glacial me courut dans l'échine et je ravalais mes larmes difficilement, je ne devais pas m'effondrer pas alors que son regard bleuté devenait désespérément fixe. Sous mes doigts, la symphonie cardiaque prenait fin tandis que la mélodie salvatrice de l'ambulance était à présent à mes côtés. « Ne meurt pas bonhomme, tu ne peux pas mourir maintenant. ». Je sentis sa présence avant même qu'il n'apparaisse dans mon champ de vision. Connexion tangible d'une émotion portée si haut qu'elle nous brisait. Nous n'avions jamais su comment nous aimer correctement, on se faisait mourir, on se faisait vivre... Les doigts se crispèrent contre la peau glissante de l'enfant. Je luttais vainement, les gens amassés autour de nous, s'écroulaient lamentablement les uns sur les autres. Leurs visages baignant de larme et d'impuissance. Mon estomac se révulsa tandis qu'une voix familière me fit m'écarter de mon patient. Payne posa les bandes sur sa petite poitrine nue et sanguinolente, une violente décharge souleva le petit corps de l'asphalte avant qu'il ne retombe dans un bruit sourd. Ma respiration se bloqua, s'amplifia. Je perdais la tête. Je revenais vers l'enfant, ma main se tendit vers lui, je n'abandonnerai pas. Je ne pouvais pas. Il ne pouvait pas être le premier. « Arrête, Tenessee, Arrête, ça n'va pas le sauver. » Sa peau électrisa la mienne, mes cellules surchauffèrent, s'emballèrent, crevèrent d'amour. Enfin elles retrouvaient ce grain de peau qui leurs avaient tant manquées. « Ne le laisse pas partir … », chuchotais je d'une voix effrayante en osant enfin glisser dans ses prunelles océan. Ma supplique sonna douloureusement à mes propres oreilles, tandis que je retournais vers le petit ange. Ses yeux était devenue un peu vitreux, je laissais mes doigts caressé ses mèches blondes d'un geste aérien tandis que je cherchais son pouls contre sa carotide. Rien. Ni battement faiblard, ni rythme endiablé. Le néant. La mort. Arrachant les électrodes qui collaient à son torse juvénile, j'appuyais fermement contre sa cage thoracique. Ses côtés se pliaient souplement sous la pression, je comptais péniblement mes mouvements, lui enjoignant d'ouvrir les yeux. Je saisissais sa petite bouche et l'ouvrait largement tout en bouchant son nez couvert de fine tache de rousseur. J'insufflai de l'air dans ses poumons et les observaient décroitre doucement. Je partais immédiatement à la recherche de battement cardiaque, d'un mouvement, d'un espoir. Mais, dans son corps, tout n'était que silence. Salope de vie.

Il était le premier coeur cessant sa douce musique depuis le mien. Il était le premier qui me quittait depuis que j'avais bousillé ma vie. Nous nous étions éteints d'une manière similaire : heurtés par la réalité, nos corps s'étaient retrouvés sanguinolent dans le caniveau. S'emballant tout d'abord, l'organe maître avait tenté de lutter contre la fatalité, mais l'on n'échappe pas aux ombres de son destin, et nos vies nous avaient échappé à l'un comme l'autre.

Mes jambes cédèrent sous moi. La fatalité m'écrasait. Il était mort. Mort sans avoir connu les joies qui ravissent une existence. Il était si petit. La paume de sa main repose à mi-chemin entre la route et le caniveau, à quelques centimètres à peine de la ligne de passage piéton. Mon souffle saccadé obscurcissait mon esprit, l'air me manque. La panique m'enserrait. Je glissais une main dans mes cheveux, les écartant de mon visage pour mieux admirer le petit prince abandonné des dieux, souillant mon visage pâle de son sang qui laisse sans doute des traînées rougeâtres sur mon visage. Payne est toujours là. Sa présence me tue, me fait glisser vers le fond encore plus. Il se tient près du malheureux ayant rendu son dernier souffle dans mes bras, creusait mon mur d'indifférence. « Il est mort », dis-je doucement. M'adressais-je à lui ou à moi-même, je l'ignorais. « Oh mon dieu ! Il est ... mort ! », ma voix devient hystérique. La folie m'accable, prend enfin possession de mon être fragile après des mois de lutte. Je ris, je pleure, je cris ... Je me perds.


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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Jeu 23 Fév - 16:39




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Je me laissais secouer par le timbre de sa voix, effleurer à nouveau par ce regard perçant qui sondait au plus profond de moi. J'étais extatique, perdu quelque part entre songe et réalité. Eperdu, perdu, fondu, enchainé. Pris. Jeté. Repris. Largué. Etait-elle auprès de moi ? Là ? Un soupire résonna lorsque je la vis s'écorcher à rendre souffle au petit ange qui gisait sur le sol. Il perdait la vie, il perdait toute couleur, il devenait aussi bleu qu'un bout d'viande frigorifié. Raide, sur un sol inconnu entre des mains non familières. Je restais interdit, vulgaire spectateur d'un spectacle effroyable et désolant. Un spectacle destructeur, un spectacle assassin. La vie ne tenait qu'à un fil, un fil si fin, un fil si incertain. Je tentais un énième geste mais ma belle demeurait déterminée à jouer aux Dieux. Le temps suspendit son vol, la moindre inspiration devenait dure. La moindre expiration relevait du tour de force. Nos forces nous quittaient aussi vite que l'âme du p'tit gars s'élevait aux cieux. Mes yeux peinaient à cligner de leur paupières. Lourds, probablement en position d'attaque, prêt à l'offensive. Les larmes vinrent , malgré toute volonté , brouiller ma vue. Des larmes acides où amertume et déception offraient une explosion de douleur. Ravalées avec fierté, ces putains d'larmes, je me laissais tomber apathique, le défibrillateur en OFF. Ma foi aussi, était en OFF. Mon espoir : en OFF. Ma rancoeur : en OFF. Mon amour pour elle, l'abominable garce adorable : en ON. En ON. Toujours en ON. Cette vision m'arracha les tripes, m'écoeura. Me donna envie d'hurler tel un loup prêt à bondir sur sa proie. Alors qu'elle s'avoua enfin vaincue, elle me communiqua cette envie attroce de vouloir aider, cette envie attroce de vouloir lui redonner le sourire. Cette envie attroce d'empoigner mon propre coeur et de le lui offrir en consolation. J'aurai voulu que ça marche, j'aurai voulu accéder à sa demande, j'aurai voulu faire en sorte de...Ne le laisse pas partir. Je restais inutile. Ouai, envahis par l'impression de n'avoir aucun impact sur rien. Aucun impact sur ses joies, aucun impact sur ses peines, aucun impact sur tout. Je me sentais : invisible. Con. Autour, plus rien n'avait d'importance : rien, ni les mères de familles qui jouaient aux pleureuses, ni même les gamins effrayés qui se cachaient de la vue. Je me redressais, décidant de m'éloigner de la cause de mon malheur, la cause de MA tristesse. C'enfant ne méritait pas son sort mais égoïste comme j'étais, l'seul sort qui m'importait, c'était le sien. Elle, elle et cette attitude démante qu'elle adoptait. Je savais qu'elle n'aimait pas perdre, chaque patient représentait pour elle, une part d'elle même. Chaque patient, représentait pour moi, une part de moi même. Ridicule, n'est-ce pas ? Mes pas me menèrent plusieurs mètres loin d'elle, mon coeur lui, m'fit faire le chemin inverse. Tenant fermement ses épaules, je m'époumonais alors quitte à en perdre haleine, quitte à rester en apnée, quitte à en perdre la vie , quitte à y mettre un terme, quitte à la frapper avec mes mots : « Ressaisis-toi, Ten'», ce rire hystérique, cette attitude barrée, ça n'était pas elle, non, ça n'était pas elle. Ma main droite vint saisir sa joue, tandis que l'autre remettait en place une mèche rebelle sur sa tempe encore rougit par le sang : « Il n'est pas mort, il est parti ailleurs. Ailleurs ? Okay ? », un endroit beau, un endroit ensoleillé, un endroit magnifique parce que la mort, comme je lui avais dit le jour de notre rencontre, est une délivrance. J'avais espéré qu'elle comprenne, j'avais espéré qu'elle ouvre les yeux et qu'elle me voit. J'avais espéré qu'elle arrête d'être une gerce psychorigide. Mais, dans ses yeux, je ne voyais rien, rien qu'un abime profond dans lequel j'me perdais. Je ne voyais rien d'autre que la mort , elle aussi prête à être emmenée. Je n'étais pas d'accord. « Tu fais chier, McCormick. J'en ai ras l'cul de tes délires » chassez le naturel et...il revient au galop.


hj : damn, c'court et pourri, j'essayerai de me rattraper, ma petite escalope de dinde

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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Jeu 1 Mar - 14:02



Et sans toi, je ne sais plus qui je suis.
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Spectatrice horrifiée, actrice au cœur émietté. Je ne le quittais pas des yeux, dans ma crise hors du temps. Il était beau, songeai-je. D’une beauté céleste, un peu trop peut-être pour que le destin laisse le temps ravager les contours délicats de ses lèvres, l’innocence de ses yeux bleus. Ô ciel, ces yeux ! Je les regarde, me noie en eux, et je sais que jamais je ne les oublierais. Il s’enfonce en moi à mesure que la mort l’appelle à elle, s’empare de son âme encore tiède. Un cris résonne, bientôt accompagné de sanglots compulsif ; mon cœur ne loupe pas même un battement devant cette souffrance trop violente. Il est trop vide, trop disloqué ... Je l’imagine telle une petite perle de granit, cristallisant toutes les émotions qui le traverse. Je me leurre, mes pensées n’ont aucun sens. Je sais à quoi ressemble mon cœur, c’est une simple pompe, le sang gicle dans les ventricules, se laisse oxygéné sans qu’il ne puisse rien y faire : il n’est que machine. Automate dénué de raison, mais où est-elle ma raison lorsque le soir je passe devant chez lui priant tous les saints de le voir ? Je ne demande pas grand-chose, juste une seconde. Une unique seconde me suffirait, je l’étirerai à l’infini et je jouirai de lui pour l’éternité. J’ai le cœur en lambeaux et le cerveau qui souffre. Je ne sais plus rien. Je ne connais que lui. Tout de lui, je me souviens de tout … De son odeur unique qui demeure toujours prisonnière dans mes poumons, aux premiers mots qu’il m’ait dit. Il me croyait sur le point de sauter dans le vide, de perdre ma vie, de tout envoyer balader. Et la première fois que nos lèvres se sont touchées c’est ce qui s’est produit. Il était mon grand saut vers l’inconnu, le frisson de toute une vie. Il m’a bien eut cet enfoiré quand j’y pense. Poison diabolique, infestant mon système, il gangrène mes membres de son souvenir. De son amour. Sans que je sache comment, ses mains se posèrent sur mes épaules. Nos peaux se retrouvent, sa main qui glisse sur ma joue dans une tendresse fictive, ses doigts qui saisissent une mèche de mes cheveux. Et moi, je me disloque. Je meurs pour renaitre dans ses yeux. Son regard est étrange, différent, un peu inquiet, un peu agacé, un peu trop lui ... Près de lui, j'ai toujours été une autre. L'autre moi. Il me ment, me baratine, encore. Et je le crois, toujours. C'est le drame de notre vie à deux, je le regardais me mentir sans mot dire. Mes mains s'accrochent à son bras qui quitte ma joue, je le veux. Si fort. Aime moi encore, pauvre con ! J'veux que tu crèves de m'aimer comme j'en crève. Je veux que tu t'écrases à terre sous le coup de la douleur et du manque ... « Tu fais chier, McCormick. J'en ai ras l'cul de tes délires »

Et ces mots percutent mon esprit en même temps que mon corps le rejette. Connard. Aucune pitié, aucune émotion. A croire qu'il ne ressent plus rien pour moi ... Peut être est-ce le cas ? Peut être a-t-il trouvé une autre pétasse pour étanché sa soif de pouvoir et ses besoins ? Mes yeux me brûlent tant la fureur augmente. Il me hait. J'ai compris. Si je pouvais aussi ... « Va te faire foutre MacCullough ! » que je lui cris. Ô comme j'aimerais que mes mots te brises comme les tiens le font pour moi, mais nous sommes si différent. Je serai à jamais l'éternelle amoureuse, le glaçon trompé et trahis. J'en ai marre d'être le verre de terre rampant douloureusement tandis qu'il me sourit d'un air narquois, ignorant tout de mon état. « Tu devrais partir d'ici, histoire de te trouver une blondasse à baiser, en fumant un de tes putains de paquets de clopes ! Espèce de ... de ... » Les crises de colère n'avait jamais été mon fort, je perdais mes mots sous la pression de la fureur. Devant lui, j'étais incapable de raisoner clairement.


c'est pourri --' SHIT! j'me rattrape au prochain ma brochette de dinde (:

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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Ven 2 Mar - 12:44



Je perdais mon temps, je perdais ma patience, je perdais jusqu'au derniers gramme de calme. J'avais tout revendu à prix cassé. J'étais brisé, blasé, couillonné sévère. La chance avait toujours été de mon côté jusqu'à ce que je tombe sur elle. Jusqu'à ce que je m'amourache d'une abominable arrogante. Chez elle, tout me paraissait qu'artifice fait pour attirer les hommes dans un piège fatal. Meutrières : ses lèvres. Insondables : ses iris. Capiteuse : son odeur. Soyeux : ses cheveux. Voluptueuses : ses courbes. Pernicieuses : ses mains. Alliénantes : ses paroles. Putain. Une véritable salope quand ça la prenait. Une véritable : charogne. Ses mots me rendaient fou, fou à lier, fou à tuer. Véridique. Je n'étais plus que l'ombre piteuse d'un mec fier. Ma fierté : offerte sur l'autel McCormick. McPétasse. McConnasse. Arrachée, l'envie de la consoler : liquidée à deux mètres à peine de là où le petit corps reposait. Les paroles et insultes déplacées, ça la connaissaient. J'en faisais les frais, j'en avais tellement fait les frais. LA FERME. Tais-toi. Tu parles trop. Mes lèvres pincées devenaient rouges sang, le goût de rouille n'attendait qu'à faire apparition. Pas l'moment, ça n'était vraiment pas le moment. La douleur la faisait réagir irrationnellement. C'était l'excuse que je lui avais trouvé. Excuse qui me parut si nulle , si pathétique, si mièvre. Mon Dieu, qu'elle se la mette en sourdine. BAM. L'ogive avait explosé, depuis le temps qu'elle était amorcée...« Espèce de quoi, hein ? Espèce de quoi ? Espèce de salop ? Espèce de connard ? Espèce de fils de chien ? Espèce de batârd ? ESPECE DE QUOI, TEN' ?! », j'essayais de contenir la rage qui subitement avait refait surface. Je tentais d'adoucir mon ton, de contenir le flot d'paroles criminelles qui ne demandait qu'à venir éclabousser son visage de garce séraphique. Pas d'bol, peine perdue, comme tout le reste. Niqué. L'champignon atomique avait été largué : BOUM. Rasées les personnes aux alentours. A mes yeux, il ne restait plus qu'elle & moi. Elle & moi et ces maudites semaines de frustration endurées. J'avais compté les jours, seulement sur le moment, j'avoue que tout s'était effacé. Ne demeurait que le dégoût de la peine qu'elle avait engendré. Meurt la bouche ouverte sur mon pas de porte. Demande à ce que je t'accorde ma pitié. Prie-moi, supplie-moi, achève-moi avant que ce ne soit moi qui le fasse. ...« Tu veux que je te dise ? Les blondasses sont moins fades que toi. Moins manipulables, moins pitoyables. Les blondasses, elles ne se carapatent pas. Elle n'voient pas que l'aspect materiel que la vie peut leur offrir. Elles se contentent du peu qu'elles peuvent avoir. Elles se contentent de moi, elles. J'peux me contenter d'elles. S'il y a bien quelqu'un qui devrait aller s'faire foutre, c'est bien toi. J'ai l'impression que ton doc' n'arrive pas à te sauter !». J'avais craché ces mots dans la panique totale. J'avais craché ces mots ne voulant pas prendre part à la réalité de la situation. Je ne voulais plus accorder d'importance au sang qui tachait mon uniforme. Je ne voulais plus focaliser mon regard sur les qu'en dira-t-on de la foule ammassée. Je ne voulais qu'elle, elle , elle et ses satanées lèvres renflées. Elle, bordel, qu'elle aille au diable.


hj : tu parles, j'ai beaucoup aimé, mon boeuf bourguignon

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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Lun 5 Mar - 17:01



Et sans toi, je ne sais plus qui je suis.
« Personne ne peut ressusciter les morts ni compléter leur destin. » posadas

Ca a claqué fort. Un grand coup. Sans avertissement. Juste un BOUM immense, dangereux et destructeur. Dans un premier temps je n'ai rien senti, tout est resté en suspens. Peut-être que cela n'a duré qu'une poignée de minute, je ne saurais le dire. J'étais juste là, prisonnière de mon corps, anéantis par mon coeur. Le temps s'est envolé durant une minute. Et une minute c'est long. Il ne s'agit pas de quelques soixante secondes jetées au temps, comme une offrande coutumière. Une minute c'est le temps qu'il a fallu pour faire vaciller ma vie. La vérité n'a jamais blessée quiconque, c'est une idée préconçue, un mensonge banalisé ; ce qui blesse réellement c'est la destruction des illusions qu'elle entraine ... et une vie sans illusion, n'est pas une vie. Une vie sans lui, n'en était pas une non plus. Je le regarde, je me perce les yeux avec son image, il brûle mes rétines ... Tout est dans ma mémoire, ces je t'aime, ces mensonges, et cette foutue photo qui ne part jamais. Je me hais de l'aimer, je le hais d'exister. Il hurle à présent, oh le calme n'est pas l'une des qualités de Payne. Il cri, il hurle, il frappe ... c'est un émotif, un passionné. Emotif estropié. Passionné endommagé. « Espèce d'abruti ! Pour qui tu te prends à crier comme ça ? Espèce de salop ! Je t'interdis de me toucher ! Je t'interdis de me parler ! Va-t'en ! Je ne veux pas te voir ! Tu comprends ça ? Je ne veux pas de toi ... » Mais si tu savais comme j'en ai besoin ! Ma phrase s'est éteinte subitement, faible chuchotis. Je détourne le regard de son corps, mes yeux se brouillent d'eux même loin de lui, ils ne voient plus rien. La solitude m'accable, la douleur me terrasse. Et tu ne vois rien, tu crois mes mensonges, aveuglément. Au fond, nous étions faits pour nous détruire. Destiné à se briser, se dépecer, se découper ... Je me morcèle, il me déchire de ces mots violents. Assassin. Meurtrier. Enfoiré. Ça tourne dans mon esprit, ça s'entrechoque, c'est con ... Tellement con.

Le poupon de porcelaine entre les mains du terroriste, sadique, il enfonce ces pics agressifs dans mon corps tendre. Tu m'brises MacCullough et bordel je t'aime encore plus. Ses paroles griffent mes chaires encore à vif de notre dernier échange, tu grattes sur mes cicatrices, avide de sang. TAPES LES TOI TOUTES ! Chope une MST et crève donc dans ton coin !, que je hurle dans ma tête. Ô petite voix, sirène amoureuse, sirène meurtrière : éponyme de ma fierté. « Ravie de savoir que les greluches t'apportes toute satisfaction, mon cher, il faut dire que tu as toujours eu des goûts médiocres ! » Regarde-moi, regarde ce que tu as fait de moi ! « Après tout, pour te plaire il suffit d'écarter les cuisses et de savoir se taire, non ? » Qui est cette femme qui te parle ? Dis-moi d'où viennent ces mots qui salissent ma bouche, mon amour ? Mes muscles se crispes, douloureusement. Mon corps devient pierre. Je sens ses mains sur ma peau, illusion interdite, hallucination maudite. Je sens ces mains qui ne sont pas les siennes, je réprime le frisson de dégoûts qui courent le long de mon échine. Sa perfection est écoeurante, ses sourires sont trop beaus, ses yeux trop sombres, sa peau trop douce ... Qu'attend t-il de moi ? L'aveu de ma répulsion envers celui qui partage quelques une de mes nuits. Des nuits si froides, qu'elle cristallise mon coeur. Plus il me touche, plus je meurs. Il viole mon âme lorsqu'il se glisse contre mon corps, cet amalgame de chairs et de sang qui n'appartient plus qu'à lui : Payne MacCullough. « Le sujet t'intéresse Payne ? Il suffisait de demander, que veux-tu que je te détaille ? La manière dont il m'embrasse, dont il m'enlace, la façon dont il me fait l'amour ? ». J'hausse un sourcil provocateur, tremblante à l'intérieur, le mensonge rend ma langue pâteuse. Le docteur n'a m'a jamais fait l'amour, à peine a-t-il caressé un morceau de viande froide et sans vie ...


j'me suis fait opérée des dents de sagesse ma paupiette, j'étais bloquée dans mon lit avec une poche de glace pour me faire dégonfler. désolée pour le temps de réponse --' ♥

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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Dim 11 Mar - 7:59



FOUTREMERDE. Rien de positif n'émergeait de cette confrontation. A armes égales, nous nous portions des coups à nos égos dejà bien blessés. Nous nous crachions la peine, le manque, la haine que l'autre ne soit plus là, à nos côtés. Elle ne voyait pas, je ne voyais pas. Nous étions aveuglés par la souffrance. Le petit tas de chair malmené au sol, avait perdu de son importance à l'instant même où nous nous étions retrouvés. Arracher ses yeux, cette idée me martelait le cerveau, pliant sous la menace d'un anévrisme fulgurant. S'en était trop pour ce corps qui lui faisait face. Mes yeux, des miroirs opaques. Bleus comme les océans où une tempête ferait rage. Mon être embrasé par la fureur de sa proxiimité. Elle éveillait en moi tellement de sentiments contradictoires, je m'y perdais, j'y perdais tout, mon âme, ma volonté, l'envie de vivre si ce n'est, à ses cotés. Merdasse, elle m'avait coiffé au poteau. Elle m'avait passé des menottes , liés par ce que je ressentais, ma liberté, j'pouvais me la foutre au cul. Qui devais-je remercier ? Elle, moi, mon ami décédé qui était la raison à cause de laquelle j'étais à l'hopital, ce jour-là. L'excuse pourrie , trouvée par le destin pour que nos chemins tordus se croisent. Deux handicapés de l'amour, deux handicapés du verbe, ne sachant pas comment conjuguer : aimer. Au passé, au présent, au futur inconditionnel ? Crap, à l'imparfait. Hélàs, à l'imparfait. Nous étions si forts pour foutre des torgnoles aux stéréotypes du couple " beau & joli " , nous avions été un couple ( nous crevions d'en redevenir un) " beau " certes mais " ignoble" . Il n'y a pas d'amour sans haine. Pas de Payne, sans Ten'. C'était dit, c'était fait, c'était dur, c'était frais.« Ecoute-toi quand tu parles » crachai-je avec dégoût. Ca n'était pas elle, non, la Tennessee pour laquelle j'avais flanqué mon célibat : « Il a une bonne influence, le toubib, sur toi, ça s'voit, ça s'entend, ça s'sent même ! » Le nez retroussé, je penais à retrouver un calme, moi qui étais de nature posée, je perdais pied, je perdais toute attache. Je me perdais en elle. La phrase de trop, balancée dans une posture aguicheuse qui la rendait divine à mes yeux, je ne pouvais souffrir davantage. Proche de moi, éloignée par une attitude désaventageuse. Peut être que le plus intelligent à faire aurait été que je parte, m'occuper de la dépouille, que je détourne le regard de cette personne que je ne reconnaissais plus. Que je décide de l'empêcher d'installer à nouveau cette emprise malsaine qu'elle avait sur moi. Ses mots : ils me tailladérent la peau, il m'écartelèrents les membres, mon coeur, cet idiot. Il fit une embardée. Parle pas de choses facheuses, amour de ma vie, parle pas de choses qui enfonçent le couteau dans la plaie. Plaie de ma vie. « TA GUEULE , JUSTE TA GUEULE » mes mains vinrent agripper son visage, mes lèvres jouer les ventouses sur les siennes. Avec toute la brutalité emmagasinée, une main vint se perdre dans ses cheveux. Ce baiser : une dose d'ectasy. Ce baiser : une bouffée de nicotine. Plein poumon, j'humais son odeur. Ce parfum de bois de senteur, à la bouche, le goût de fraise mêlé aux larmes. Sucré , salé, ammoché, salement amouraché. Captif. Amen, merde, Amen. Je le méritais, nous le méritions, j'en avais BESOIN. BESOIN. Une autre pulsion m'envahit, horrifié par mon acte, je me projetais vers l'arrière. Dégueulasse, ce geste. Dégueulasse.


hj : désolé pour le retard, c'était à mon tour d'etre malade. Whatever : bisous côtelette d'agneau

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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Sam 17 Mar - 19:23



Et sans toi, je ne sais plus qui je suis.
« Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille ! » baudelaire

Tout était fini. Durant une brève seconde, cette pensée m’envahis, me pénétra jusqu’à l’os. J’observais l’être qui avait laissé sa trace sur mon âme et les mots d’un autre se glissèrent dans mon esprit, souvenir tenace d’une lecture passionné qui m’avait transportée, lettres pleines d’un chagrin acre et acide. « Blessures du coeur, votre trace est amère ! Promptes à vous ouvrir, lentes à vous fermer. ». Je réalisais brusquement, que j’étais à l’image d’Alfred de Musset, trahis par mon amant et désespérément amoureuse, tandis que je l’observais au loin, reconstruire les prémices d’une nouvelle existence dont je ne faisais partie. Mon cœur trembla. Dans un mouvement misérable, il devint douloureusement conscient de son vide. Mon manque fait de chair et de sang, qui me fixait avec arrogance et parcimonie, refusant de m’accorder plus qu’il ne voulait. A peine quelques regards, et le sentiment d’être misérable loin de lui. Il me fixait avec horreur, avec dégout. « C’est de ta faute ! Tout est de ta faute ! », Gémis-je faiblement en passant une main furibonde dans ma crinière châtain. Ces paroles me trouèrent le cœur, assassines. Il enflamma mon esprit, repoussa ma douleur. Il me relevait pour mieux me laisser m’écrouler ensuite, plus profondément encore. Tout s’échappait de moi, mensonge et blasphème, pour mieux cacher notre vérité. Je reniais l’amour de ma vie, les remords encrassant déjà mon cerveau… Tu n’as jamais compris, songeais je intérieurement, jamais compris que tu me créais et me brisais à ta fantaisie. Sombre enfoiré, le mien, celui d’une autre ? Dans un sursaut d’orgueil, je lâche ma bombe. Appuis sur le détonateur sans y penser, aveuglée par l’envie de le blesser. Je t’aime si fort, que je rêve broyer chacun de tes os, de lacérer ta peau si douce, de t’étrangler jusqu’à ce que le manque d’air te fasse suffoquer … comme moi, en manque de toi. Ses yeux s’enflamment, ils irradient, rêve de s’enterrer et je respire. Un faible chuchotis de mon cœur qui s’emballe sous ta fureur, je ressens l’écho ancien de ton amour. Je guéris, je revis. Enragée, ses lèvres s’écrasent sur les miennes, gémissantes, consentantes. La douleur se mêle au plaisir. Plaisir clandestin, plaisir divin. Ses mains qui perdent dans mes cheveux avec férocités, mes mains s’accrochent à sa veste rugueuse, mes ongles s’enfoncent dans le tissu, le rapprochant de moi. Ô douceur violente déchire moi sous ses lèvres gourmandes, fait renaitre cet âme un peu terne qui m’habite, redessine de nouveau sourire sur mon visage, rend le moi. Je me fou de tout, de nous, de cet enfant gisant à quelques mètres de là. Mort. Cadavre encore chaud, nous ayant déchiqueté les sens à l’un comme à l’autre. Je resserre encore plus mes doigts, je devine mes jointures blanchis sous l’effort à la légère douleur qui émanent d’eux, mais qu’importe. Ce baiser c’est ma vie, mon paradis. Cet homme, c’est ma vie, mon enfer. L’union des deux est mon chao intemporel, mon éternel amour. La bulle éclate. Il s’arrache à moi. M’arrache le cœur, les sens, l’esprit. Mes yeux se voilent de larme. C’est trop. Beaucoup trop. Je tente de les contenir, de reloger au fond de mon estomac cette boule d’émotion destructrice qui force la sortie. Une perle salée glisse lentement sur ma joue, mes doigts non plus la force de s’écraser, de sauver ma dignité en lambeau, écraser par lui. Payne MacCullough, l’homme de ma vie, le fléau de mon existence, ma décadence. Cette unique larme qui glisse sur ma joue, c’est la fin de tout. Ma défaite. Mon indifférence qui s’effrite. Reviens moi, les mots sont posés sur ma langue, bloqués par mes émotion confuse. Des milliers de mot me viennent à l'esprit, son regard effaré, révulsé me tue .. Pourtant, je ne peux lui dire qu'une chose, la question hante mes nuits depuis des mois, qui éloigne Morphée, qui bloque mon cerveau ... «Pourquoi ? »


désolée pour le retard et cette horreur mon boeuf bourguignon ♥

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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Ven 23 Mar - 14:38



Stupéfait. Calcinée, matée : toute trace de volonté. Décimée par le contact sulfureux de ses lèvres. De sa peau. Tue-moi, sérieusement, plante-moi tes griffes dans le coeur et écrase-le, saigne-le. Finissons-en, amour de ma vie, de mon existence pourrie. A tes côtés, je m'étouffe, je me meurs et loin, c'est pire. Je pars, je pars et j'espère ne pas revenir. C'est dur, compliqué : acide. Ma chair, celle qui fut en contact : brulante encore. Je levai alors le regard sur elle. Déprimé alors. La larme perlant sur son visage, me rendant si triste : tant pis. Je suis si peu fier. Je n'ai rien compris. Moi, elle, ça. Moi, elle, complétement hallucinés. Ce n'est plus une question de travail, le privé s'est immiscé dès lors que nous nous sommes parlés. Qu'est-ce que l'on devait faire, hein ? Pourquoi ? De quoi est-ce qu'elle parlait ? A quoi est-ce qu'elle faisait allusion ? N'importe, qu'importe, je perdais mon sang froid. Accablé par un reproche audible, un reproche visible sur les traits de ce visage fantasmagorique. Le sien, le mien, le notre par conséquent. POURQUOI ? Bonne question, elle avait hanté beaucoup de mes nuits. Elle m'avait découpé en petits morceaux et jeté en pature aux pirhanas d'amérique latine. Va au diable, bitch. « Pourquoi ? Dis-moi, tu sembles avoir la réponse. C'est toi qui m'a planté, pas le contraire. Tu as des arguments à cracher ? Parce que je n'ai pas envie d'en parler, là, tout d'suite. J'suis payé à faire mon job, pas à tergivercer avec toi. » Je repoussais la confrontation, moi qui l'avais enclenché. Indécis de l'instant. Je la laissais là, mariner dans la frustration cruelle, perfide dans laquelle j'avais baigné depuis qu'elle avait mis les voiles. Mes pas prirent définitivement la direction inverse, foulant le bitume prêt à s'accélerer. Loin des yeux, loin du coeur et de sa tendance maladive à aimer un morceau de viande rigide. Pas de sentiments, pas le temps pour les sentiments, pas le temps pour mon amour. Eteint, le volcan. Il fut éteint d'une manière radicale et parfaitement chaleureuse. Combattre le feu par le feu, cela avait toujours été le cas, entre elle & moi. J'étais parti. Gone. Terrassé. Rien. Trou noir, nébuleuse. Si seulement une machine à remonter le temps avait été inventée. Sûre que je n'aurai pas embrassé le crapaud, sûre que je ne m'en serai pas approché. Nan, sa peine c'était la mienne, son souffle idem. Fuck les valeurs, fuck tout ce que je pouvais bien vouloir parce que, ouai : je la voulais elle. Entière, près de moi, avec moi, à moi. A MOI. Propriétaire d'un autre genre, tête de la hérarchie. Ma reine, moi roi. Tant pis. Je me tournais alors vers elle, rageant : « Qu'est-ce que tu attends, hein ? T'as un boulot à faire. Le gosse est peut être mort mais y'en a qui sont choqués. T'es pas psychologue mais tu es médecin, essaye de faire en sorte qu'ils aillent mieux. C'est dans tes cordes, non ?» Je demeurai à la regarder, trop attiré par elle et ce qu'elle pouvait bien représenter à mes yeux. Damn, même lorsque je prenais une décision béton, elle venait tout flinguer. Ses prunelles, surement. Fort pouvoir de persuasion : «Pourquoi ? » soufflai-je, prenant une malette dans l'ambulance : « Je ne sais pas, solution de facilité. Tes parents ont dû déclarer ce jour : jour férié.» Tentative d'humour : echec critique. Au revoir.

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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Mer 4 Avr - 15:56



Et sans toi, je ne sais plus qui je suis.
« Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille ! » baudelaire

Il s'en va. Me laisse. M'abandonne. Le manque se creuse encore plus, racle mes os, me traverse de part en part. Mon souffle est court, semblable au petit filet d'air qui s'échappait de ma bouche lorsque je suis partie moi. J'ai couru, loin de chez lui, est ce chez nous ? Je me suis laissé aller contre le mur de la première ruelle que j'ai croisée. Je ne pleurais pas. Non aucune perle ne venait souiller ma beauté ni laver ma naïveté. Rien. Je me noyais à l'intérieur de moi-même, le niveau de l'eau augmentait rapidement. Me tuait. Je crois que c'était ça, je mourrai de l'avoir laissé. De lui avoir menti. D'avoir choisi mon égoïste malheur au mensonge de notre vie à deux. A aucun moment je n'ai pensé à ce qu'il pouvait ressentir ; ce n'est venu qu'après. Bien après. Lorsque je me suis enterrée sous ma couverture sombre dans l'appartement de mon meilleur ami. Lorsque l'orgueil s'est tu devant le vacarme de ma souffrance. Je me sens vulnérable, à nue devant lui. Si fragile que je peine à réprimer mes sanglots : je rêve de me jeter dans ses bras, d'enfouir ma tête contre son cou, dans ce petit creux si chaud et tendre que j'affectionnais tout particulièrement. Il me jette. Comme une feuille de papier raturée et froissée. Il joue les blasés, les enfoirés. C'est mon mot, mon insulte, mon homme : mon enfoiré. Il me parle, je ne répond pas. Il fuit, je le sais, il le sait. Mes doigts se posent sur ma hanche, comme si mes bras enserraient ma taille dans un geste qui se veut désinvolte : ils s'agitent un peu, retrace les lettres d'un vague mouvement hypnotique. Il ne me quittera jamais tout à fait, je crois bien que c'est ce qui m'a sauvée : savoir que peu importait le lieu où l'heure, peut importait l'état de mon coeur ou de mon corps, il était là! Il était à moi : rien qu'à moi. Je devine mon prénom gravé sur sa peau au travers de sa tenue de service. Je devine cette marque d'appartenance ultime, nous n'avions pas besoin de mariage ni même de nous répéter à longueur de journée qu'on s'aimait : on s'appartenait tout simplement. Lui en moi, moi en lui. Je me revois caressant les liés et les déliés de ces deux lettres. D'autre l'ont-elles fait ? Ont-elles sali notre amour, nos souvenirs ? Personne d'autre que toi n'a caressée le mien. Le docteur a voulu, une fois, avec une douceur à vomir, les yeux brillant mais il n'a pas pu. Je n'ai pas pu. Mon mouvement de recule lui a sans doute fait comprendre. Il m'a observé, m'a étudié : j'étais un insecte sous un microscope devant lui ce jour-là. Il n'a plus jamais cherché à caresser l'encre noir, il la regarde parfois : le regard interrogatif. Sans doute se demande-t-il comment deux personnes qui s'aimaient autant ont pu finir si déchiquetés...

Je me détourne de toi, pose mon regard sur l'enfant. Il reste beau, c'est effrayant d'être si beau quand on est mort, tu ne penses pas ? Regarde nous, on est un peu mort nous aussi : des morts vivants aux coeurs battants. Tu reviens, tu critiques, tu remarques … Qu’est-ce que tu veux ? Moi, c’est toi que j’veux. « Etre amoureux c'est cela: un mal de ventre dont le seul remède, c'est toi. » Beigbeder me tut, ses mots se répercute en moi, rappelle de ma mémoire tortionnaire. « Tu sais quoi leur dire à tous ces gens ? Tu le sais ?! Ce môme est mort dans mes bras Payne ! Et pourquoi ? Parce qu'un salopard n'a pas su prendre en compte sa vie ? Je ne peux pas leur parler, je ne veux pas de leur souffrance stupide et leur compassion dégelasse ! J'en veux pas tu comprends ca ? Je ne peux ... Tu vois cette femme la bas, celle qui hurle à la mort, qui tremble de tous ces membres ? Tu la vois ? Cette femme c'est sa mère, j'en suis sûre, intimement convaincu. Tu veux que je fasse quoi ? Que je présente devant elle, encore couverte du sang de son fils, que je lui dise que j'ai tout fait pour le sauver ? Que j'aurai donné ma vie pour la sienne ? Pour qu'il puisse embrasser une fille rien qu'une fois dans sa vie ? Tu sais quoi, vas leur parler ! Joue les héros si ça t'amuse ! Je suis trop fatigué pour faire ça. ». Je soupire lourdement sans pouvoir me soustraire à sa vue. Et puis l'explosion. L'implosion. Mon équilibre précaire est mis à mal. Il les évoque. Avec rancoeur et hargne. Ils ne l'ont jamais aimé, comme l'auraient-ils pu alors qu'ils ne m'aimaient pas moi : la chair de leur chair, le sang de leur sang. Ces mots suintent la haine, plus encore que lorsqu'il s'adresse à moi, ils sont coupant ces mots-là. Tueurs même. Je le fixe un instant : bouche bée. Comment ose-t-il ? Comment peut-il seulement me parler d'eux ? Eux qui ont brisés le prisme de mon fol amour pour lui ... lui qui a brisé ma stupide confiance en lui. « Je t'interdis de parler d'eux » que je hurle comme une folle. « Je te l'interdis, pas toi! Ne parle plus d'eux, jamais! Tu es encore plus méprisable que je le pensais ! Je suis tellement conne, tellement stupide ... Blondeau l'avait dit pourtant : « La parfaite confiance moisit l'amour le plus tenace. » ... Comment ai je pu en douter ? Mes parents ont toujours eu raison ! Je savais bien que t'aimer était une erreur.» Je parle toute seule, je ne le regarde plus. Je crois percevoir dans ces quelques mots : l'aveu de son imperfection, de ses impardonnables trahisons...


desolée pour l'attente à nouveau ma côtelette ♥

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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Lun 30 Avr - 16:23



Ratatiné, posté, expédié : ouvre la gueule Payne et mache les conséquences de tes paroles. Mes yeux se firent mitraillettes, bazouka, révolver. PAN PAN n'te relève pas. Je demeurais secoué par l'intonation de sa foutue voix qui me criait à la figure ô combien je devais me la fermer, rester en dehors de ça. Pas cracher sur ses putains d'parents, pas penser que tout aurait pu être de leur faute. Rester dans ma perdition, nager dans ma perdition, me perdre davantage dans cette perdition et roucouler. Pour qui se prenait-elle ? « A vraiment ? Ce serait pas : « La parfaite pétasse moisit l'amour le plus tenace. » T'es parents ont toujours été deux gros troufions incapables de te comprendre...» crachai-je, jetant la malette sur le sol. Que le ciel m'en soit témoin, je me retins de la lui jeter en pleine figure. Comment osait-elle rejeter la faute sur moi, moi qui l'avais autant aimé ? « MOI, je te comprenais. Tu parles d'erreur, t'sais pas ce que c'est. Mon erreur, la pire d'entre toutes : c'toi. S'installer, envisager, prévoir un avenir à tes côtés : une bourde monumentale. T'AIMER ça n'était pas une erreur, c'était un choix. Un choix, je l'ai fait, j'me suis fait flouer, tant pis. » La vérité transpirait dans mes paroles, la cruauté aurait voulu s'insinuer, elle aussi, festoyer sur les restes de ce qui nous avait unis. Incroyable, nous nous emputions avec l'aisance de chirurgiens. L'aut' salop lui avait - vraisemblablement- donné des cours. Inscisive, pensai-je, l'obligeant à me faire face. Si nous devions combattre autant le faire avec précision : « Putain, regarde-moi quand j'te parle !» ma main vint arracher son bras, métaphoriquement, la pliant à ma volonté. Regarde-moi, j'existe, je suis là, je respire ton parfum, ô comme tu sens bon. « Tu crois que c'était une erreur de m'aimer ? Déteste-moi autant alors. Tu crois berner qui en faisant tes discours mélodramatiques ? « T'aimer était une erreur »...» soufflai-je, les bras baillants, les mirettes s'appliquant à la dévisager effrontement, sans détour, point de non retour. Collées, rivées, scotchées. Aveuglé par toute sa méchanceté. « T'en parles d'jà à l'imparfait. Tu butes plus de deux ans en quelques mots, je suppose que ça doit être le cas.» Un rire vint faire écho, j'étais dans de beaux draps. Pas dans les siens, visiblement. Plus dans les siens, apparement. Evincé, tipexé. Trace d'encre sur le parchemin de son existence. Attends, ma jolie, j'ai un effaceur, j'hais le blanc, sur les copies. J'étais essoufflé, soufflé, petite maison de paille par ce putain d'loup. Mes bonnes manières trainantes, massacrées derrière moi. Fugitives des temps d'orage. Elles n'avaient plus assez de force pour assister au maudit spectacle. Bonnes manières pas couillues pour un sou. J'aurai aimé qu'elle me gifle, sentir à nouveau son contact de la façon la plus douloureuse qui soit. Encore une reminescence des disputes qui nous avaient toujours malmené. N'importe quoi, océan de merde. De la mer, en merde. Pas mal, c'était nous. Nous étions plongés dedans. Brassant sous des airs de compte rendu. Compte rendu : nous étions rendu aigris, pas un pour relever l'autre. La folle et le pourri. Les spectateurs dégustaient les petits plats, nous nous les mettions dans les grands et puis BOUMBADABOUM. Tout s'était retrouvé sur leur gueule, vomis colossal. Dégustez donc, maintenant. « Je laisse tomber, je jette l'éponge définitivement. Je largue les amarres, une bonne fois pour toute. L'espoir, t'as décidé de l'écraser avec tes foutus escarpins à 500 $. Cadeaux du nouveau mec, hein ? T'sais quoi ? Ils te vont bien.» Je m'éloignais encore, ramassant cette malette gisant au sol, ramassant mon honneur, le lui arrachant à coup sec. Je te l'avais donné, saleté, bête affamée. Tu as tout dévoré. Tu peux en rire tranquille, je t'en prie. J'espère que ça t'as mené au plaisir.

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Dernière édition par Payne McCullough le Sam 5 Mai - 6:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Ven 4 Mai - 20:49



Et sans toi, je ne sais plus qui je suis.
« Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille ! » baudelaire

« La parfaite pétasse moisit l'amour le plus tenace. » Ces mots auraient pu m'arracher un sourire avant. Avant que nous ne soyons plus que deux cadavres luttant jusqu'à la mort, que de notre amour il ne reste plus qu'un tas de cendre, prisonnier sur le champ de bataille de notre passé. J'ai mal, tellement mal que j'en perdrais la raison. Je l'aime, si fort, qu'il m'emmenerait jusqu'au tombeau. C'est fait, c'est dit. C'est fini. Enfin. Mon coeur s'explose contre mes cotes, des morceaux éviscérés de mon être coule à travers mon corps trop maigre. Je l'observe plus que je ne l'écoute. C'est fini. Ca saute en moi, les bombes explosent, implosent. Les une après les autres. L'espoir s'éteint. Le rideau tombe. « Parce que tu me comprenais toi ? Laisse moi rire ! T'as jamais été fichu d'te regarder en face Payne ! Balancer leurs quatre vérités aux autres ça va tous seul hein, mais c'est quand la dernière fois qu'tu t'es regardé dans un miroir ? » Mes paroles continuent de salir ce qu'il reste de nous ; ce nous que j'ai tant aimé. Je l'avoue j'y ai cru. J'ai cru que tu allais me courir après, que tu me rattraperais en m'insultant de tous les noms comme nous le faisions si souvent. J'ai pensée : il me retiendrait, évidemment qu'il me retiendrait. Même si j'enfonce le doute en lui, même si je lui arrache un membre, j'ai toujours cru que tu viendrais me chercher Payne, toujours ... le réel m'a prouvé qu'il n'en était rien. Pourtant j'y crois encore, un peu, malgré moi. Je me promène dans ce parc ou nous avions nos habitudes, je m'arrête acheter un pain au chocolat dans la boulangerie en bas de chez toi, j'espère toujours te croiser, mais tu n'aies pas là ... jamais là. Alors j'offre la viennoiserie au clochard qui fait la manche près du feu rouge. Je ne peux pas le manger, je n'en ai d'ailleurs pas envie. Parfois j'ai l'impression que sans lui, je n'ai envie de rien. Peut être que c'est pas qu'une impression. Sans lui, j'suis rien. Rien qu'une garce frigide incapable de s'envoyer en l'air avec un mec qu'elle n'aime pas, une folle qui hurle après l'amour de sa vie qu'elle a quittée. Bien incapable de le partager avec d'autre. C'est moi sans l'être. « T'AIMER ça n'était pas une erreur, c'était un choix.» Un frisson me parcoure. Vais-je finalement me briser ? Est-ce seulement possible qu'un être humain meurt de chagrin ? M'aimer ? M'aimer, il n'a jamais su le faire correctement apparemment, pourtant j'étais si bien dans ma petite bulle de haine et d'amour, de passion à n'en plus finir. J'étais si bien, j'étais si conne. « Putain, regarde-moi quand j'te parle ! » Ses doigts s'enroulent autour de mon bras, sa chaleur me revient, comme un poison qui se distille dans mes veines pour être sur de m'achever. Je te regarde Payne, je ne vois que toi. Je meurs d'envie de m'agripper à lui, telle une liane qui s'enroulerait autour de son corps. Recherchant le plus de contact possible entre ma peau et la sienne, peinant même à respirer. Si les autres me voyaient, entendaient mon esprit, ils ne me reconnaîtraient pas. Sans doute parce qu'ils ne me connaissaient pas, il n'y a que cet enfoiré a su briser mon rideau de glace, ma couverture de givre qui tenait tout le monde à distance. Ô ciel, oui, l'aimer était une erreur. La plus belle erreur de ma vie, la plus fatale aussi.

Un rire déchire ses poumons, extermine les miens. Tu cris, tu hurles, tu craches ton venin mais tu ne sais rien. Rien de cette mort qui a laissé sa marque en moi. Nous sommes morts à quelques heures d'écarts, nous n'avions aucune chance de suivis : comme ce petit être qui repose à nos pieds. C'est pas moi qui nous ai tuer, que j'meurs d'envie de hurler. Mais je ne dis rien, un moment. Trop sonnée. Assommée. Evincée de sa vie. Il s'éloigne, range ces affaires comme il a dû ranger notre histoire dans une case de sa vie, je devine le nom qu'elle doit porter en lui : inutilité, bonne à jeter. Je l'observe de dos, impossible à supporter. La barrière se romps. L'acide détruis tout sur son passage, tout sauf cet amour immortelle qui m'entraîne vers une mort froide et solitaire. « Où tu crois aller comme ça ? T'a pas l'droit ! T'as pas le droit de m'oublier Payne ! » je hurle, comme la folle qu'il a fait de moi. « C'est moi qui t'oublie ! Moi qui t'enterre, te raye de ma vie, te fais disparaitre ! C'est moi la pauvre conne que tu as écrasées ! Ca te faisait plaisir de savoir que j'étais complétement dingue de toi hein ? De savoir que ma façade lisse et froide se fissurait avec un seul de tes sourires ? C'était jouissif de m'imaginer t'attendre pendant que tu sautais la première salope venue ! » Je la sens, cette dingue, cette aliénée qui rêvait de se foutre en l'air pour un seul de ces je t'aime. Mensonge, tout ca n'étais que mensonge. Ma vie était un mensonge, mes rêves étaient un mensonge mais ses cicatrices sur moi, en moi, partout autour de moi sont bien réelles. « Et mon médecin t'emmerde Payne ! C'est pas lui qui m'a rendu aussi monstrueuse, c'est toi ... Assume tes actes chéri ! » C'est dégelasse, malsain. Inhumain d'être à ce point. Ce degré d'amour qui m'a emporté loin de la raison, aux frontières de la démence. C'est fini, c'est perdu. GAME OVER.

Je m'accorde une dernière faiblesse, glissant mes doigts autour de son coup, j'attrape ses lèvres. Une dernière fois. Parce qu'il n'y aura jamais que lui dans mon coeur, parce la fin de notre histoire me tuera. Meurs avec moi, mon amour.

je crois que j'ai des orgasmes en te lisant & p'être que j'suis partie un peu loin aussi ♥

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MessageSujet: Re: you can't escape from your shadows ◊ payne   Jeu 10 Mai - 14:40




You can't make the same mistake twice. The second time you make it, it's not longer a mistake, it's a choice.


Finalement, j'aime l'orage. La pluie âcre qui se déverse, qui nous mouille, qui nous foule, nous laisse pantois. Je l'aimais, elle, à ce moment-là. Le bleu de ses iris, le rouge attractif de ses lèvres, leur douceur. Ses mots, je les aimais, je les prenais, les chérissais, les rendais beaux, aussi blessants furent-ils. Elle m'oubliait, elle me rayait, elle me balayait d'un revers de main. Tant mieux, songeais-je, tant mieux amour de ma vie, tant mieux. Le mal est toujours venu de toi, le mal je l'aime, le mal, mon mal. Tant mieux parce que, je devais bien l'avouer, mes paroles avaient largement dépassé mes pensées. Je ne l'aurais pas fait, quitter, tirer un trait. C'est toujours venu d'elle, la souffrance brute, les soupçons, les punitions, le chantage affectif. Un sourire étira mes lèvres, je prenais sa fureur comme la plus belle des tempêtes. Ma tempête, mon séisme, mon ouragan, mon volcan. Pompei McCormick, diable, j'aurai voulu être enseveli, enterré vivant, une photo d'elle comme ornement. Rien qu'une photo d'elle et ce putain de médaillon qu'elle m'avait un jour offert, médaillon brulant mon cou, caché de sa vue, prêt de moi, de ma peau quand elle n'était pas là. Lévitant dans un autre espace-temps, je fis volte face pour mieux la contempler. Béa, soulevé, le coeur crypté, dialecte incompréhensible. Baiser d'aut' nanas ? Quelle ineptie. Toucher, minauder, regarder même d'aut' nanas, pour qui me prenait-elle ? J'étais né salop, à ses côtés je m'étais découvert fidèle. A elle, à personne d'autre. Tatouage indélébile décorant mon pauv' organe bafoué. « J'ai toujours eu un faible pour les salopes.» Mon regard se fit perçant, sonde des océans. Pouvais-je simplement me laisser emporter par le courant ? Ma salope, elle avait été ma salope, la plus belle, la plus attachante, la salope alpha de mon existence. Partir aurait été la meilleure des solutions. La laisser partir, la pire, exactement la pire. J'étais resté accroché à une image onirique, des souvenirs de miévreries utopiques. Moi, elle, amoureux fous. Elle, moi, conjuguant les verbes à haine et aime au plus que parfait. Illusion tenace, je demeurai figé, imaginant encore , inlassablement ce elle & moi indéfectible. « Je t'ai rendu monstrueuse, tu as fait de moi un ange. Loque putride arnachée comme un porc à une femelle castratrice. Vive les mauvaises fréquentations. Tu as été la seule de bonne pour moi, depuis des lustres. » Grivois, je laissais ce sourire à nouveau attaquer, refouler la tristesse de l'instant, le surréalisme de la situation dans laquelle nous nous trouvions. Aussitôt braquées, les lèvres prises en otage par les siennes. Mon cou pliant sous la douceur de ses doigts. C'était n'importe quoi, c'était notre " n'importe quoi ". Le sien, le mien. Il n'y a pas de N sans M, pas de happiness sans Payne, pas de fumée sans feu, pas de feu sans briquet, pas de McCullough sans McCormick, pas de peine sans elle. Sérieusement, j'étais pris, Bastille d'un nouveau genre, assailli, vaincu par une femme. Ma fierté, dans l'trou d'balle. Ma main libre vint agripper sa nuque, prolongeant le baiser qui avait un goût de faim. Un goût d'fringale. Ma nourriture, c'était elle, à cet instant, c'était ce baiser arôme d'antan. Je me déléctais de ce cru McCormick, vin addictif d'Alabama, le seul, le putain d'unique. L'anneau précieux, la bague, vive la bagatelle. T'as juste spoilé les Terres du milieu et moi, avec.

Seulement, toute bonne chose à une fin, toute bonne faim une satiété, j'étais fini, ça y était, raturé. Reprenant le contrôle, je me laissais rompre l'accolade, rompre le fantasme, rompre ce qui mettait un terme à deux années d'évolution en dent de scie, evolution arrivant à un plateau, vous savez c'qu'on dit ? Le plateau atteint la saturation. J'étais SURsaturé, bloqué, inhibé. « Je t'aime, Ten'. Je te respecte trop pour te tromper. Pardon, peut-être devrais-je prendre exemple sur toi et donc m'adapter. Je reprends, à l'imparfait : je t'aimais, Ten'. Je n'aurais jamais pu te tromper. C'est toi qui tenais les rênes, pas moi. C'bon, le pantin maintenant usé, relegué aux oubliettes, hein ? C'était bien le temps qu'ça a duré, n'est-ce pas ? J'me suis quand même pas fait des idées ? J'sais que j'ai une terrible tendance à scénariser seulement, je t'ai quand même apporter quelque chose, hein ? Autre que mes mauvaises manières, que cette monstruosité que tu m'imputes ? Et puis, va te faire foutre. N'joue pas avec moi. Arrête tes oeillades, tes regards tristes. Arrête ça. Cet équilibre précaire que tu m'imposes. Arrête TOUT. Et...nourris-toi.» Chute en beauté, du pure hors sujet. 0 sur la copie. Zéro à vie. Note à moi même : fermer ma gueule. Joindre le geste à la parole, aussi.


hj : c'bon, on va donner dans le Danielle Steel, by the way : kissou, escalope . You can't escape the Payne (a)

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